Feel Good reads : focus sur Mathias Malzieu

Feel Good reads : focus sur Mathias Malzieu

J’aime les histoires mais les histoires bien racontées et bien écrites. Et avec cet auteur, je suis servie ! Le style de ses livres est assez indéfinissable. Parfois absurde il passe au conte initiatique, tragique, poétique… Un des seuls auteurs chez qui il m’arrive souvent de m’arrêter pour lire une phrase plusieurs fois et en apprécier la mélodie. 

Ce n’est pas pour rien que Mathias Malzieu est aussi le leader du groupe de rock Dionysos. Son écriture est une partition de musique et ses mots sont des notes. La phrase que je préfère « J’ai du pop corn dans le coeur » pour exprimer le sentiment amoureux résume bien son style imagé voire parfois enfantin.

L’amour, la mort, le bonheur, la vie, des thèmes traités avec poésie, humour ou cynisme. C’est fort, ça nous transporte, n’est-ce pas ce que l’on demande à un écrivain ?

Ses deux Best-Sellers que j’ai dévorés.

La mécanique du coeur (2007)

L’histoire commence à Édimbourg le 16 avril 1874. Jack naît le « jour le plus froid du monde » avec un cœur gelé. La sage-femme sorcière qui l’a mis au monde, le Docteur Madeleine, parvient à le sauver, en greffant sur son cœur une horloge à coucou qui l’aide à battre à un rythme normal. Jack peut vivre ainsi, mais à condition de remonter son horloge chaque jour et d’éviter toute émotion forte : pas de colère et surtout, pas de sentiments amoureux.

Jack passe son enfance auprès du docteur Madeleine, qui le considère comme un fils, et il reçoit l’amour d’Ana, Luna, et Arthur. Pour ses dix ans, Madeleine accepte de l’accompagner en ville. C’est alors qu’il tombe sous le charme d’une petite chanteuse de rue de Grenade (Andalousie), Miss Acacia, dont le souvenir l’entraînera des terres écossaises au pied de l’Alhambra dans une quête amoureuse aussi délicieuse que dévastatrice. Son cœur sera mis à rude épreuve néanmoins et malgré les avertissements de Madeleine, il découvrira l’amitié et le grand amour, celui qui révolutionnera son petit cœur mécanique.

Le roman a été adapté en film d’animation musical.

Pourquoi j’ai aimé :

Ce livre se dévore. L’écriture de Mathias Malzieu est fraîche et poétique. De jolies phrases, des sentiments purs. Un vrai petit bonbon qui fait du bien. Un univers à la Tim Burton qui nous emporte ailleurs. 

Journal d’un vampire en pyjama (2016)

Il s’agit d’un récit dans lequel l’auteur évoque les étapes de sa lutte contre une maladie rare du sang, détectée en novembre 2013, jusqu’à sa guérison survenue à la suite d’une greffe de moelle osseuse en octobre 2014. le livre est suivi de la sortie d’un album du groupe de rock Dionysos (dont Mathias Malzieu est le chanteur).

Pourquoi j’ai aimé :

Au premier abord on craint un roman triste voire déprimant. Certes la maladie est là, omniprésente. Mais l’auteur manie tellement bien la langue française et les métaphores qu’il réussit à la rendre poétique. Un chef d’oeuvre qui tire quelques larmes mais aussi beaucoup de sourires. Le courage de Mathias Malzieu force l’admiration. Un combat mené grâce à un imaginaire puissant et surtout à l’écriture qui lui est salutaire. 

A lire aussi 

Le plus petit baiser jamais recensé (2013)

Un homme voit sa dulcinée d’un soir disparaître alors qu’ils viennent d’échanger le plus petit baiser jamais recensé. Aidé d’un détective et de son perroquet, le héros va tout tenter pour retrouver cette femme invisible quitte à utiliser des méthodes peu conventionnelles basées sur la surprise.

Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi (2005)

L’histoire commence par le décès de la mère du narrateur, Mathias, un jeune homme d’une trentaine d’années. Le héros a du mal à affronter cet évènement et sur le parking de l’hôpital, dans les effets personnels de sa mère, il trouve une petite horloge bloquée sur 19h30 (l’heure de la mort), où il lit une petite phrase incantatoire… Cette phrase fait apparaître Jack, géant de 4,50 m et de 130 ans, aux jambes accordéon. Jack se dit « docteur en ombrologie » : sa spécialité est de soigner les gens atteints de deuil. Il donne au narrateur un morceau de son ombre, pour l’aider à se protéger et se reconstruire. Il l’invite à un voyage fantastique dans le pays des morts. Cette évasion dans l’imaginaire permettra à Mathias de passer d’un monde enfantin peuplé de super-héros rassurants au monde plus cru et cruel des adultes.

Métamorphose en bord de ciel (2011)

Cloudman est un mauvais cascadeur. Après une énième fracture, le médecin décèle chez lui une maladie incurable. Tom commence un long séjour hospitalier pour venir à bout de « la Betterave ». Pour le sauver, une femme-oiseau lui propose un pacte : elle peut le transformer en oiseau mais, en échange, elle demande un enfant.

Bonne lecture et à très vite !


Feel good reads : Focus sur l’auteure Agnès Martin-Lugand

Feel good reads : Focus sur l’auteure Agnès Martin-Lugand

entre-mes-mains-le-bonheur-se-faufile-la-nouvelle-perle-d-agnes-martin-lugand_4807024-LCet été, une amie m’a offert pour mon anniversaire un roman d’Agnès Martin-Lugand – Entre mes mains le bonheur se faufile. Je ne connaissais pas cette auteure – enfin j’avais entendu beaucoup parlé de son roman Les Gens heureux lisent et boivent du café – mais n’avais pas encore cédé à la success story. Je suis donc partie en vacances avec ce cadeau d’anniversaire dans ma valise et je suis tombée totalement amoureuse de l’histoire, des personnages, du style, bref le livre m’a paru bien trop court!

Voici le pitch :

« Depuis l’enfance, Iris a une passion pour la couture. Dessiner des modèles, leur donner vie par la magie du fil et de l’aiguille, voilà ce qui la rend heureuse. Mais ses parents n’ont toujours vu dans ses ambitions qu’un caprice : les chiffons, ce n’est pas  » convenable « . Et Iris, la mort dans l’âme, s’est résignée. Aujourd’hui, la jeune femme étouffe dans son carcan de province, son mari la délaisse, sa vie semble s’être arrêtée. Mais une révélation va pousser Iris à reprendre en main son destin. Dans le tourbillon de Paris, elle va courir le risque de s’ouvrir au monde et faire la rencontre de Marthe, égérie et mentor, troublante et autoritaire…Portrait d’une femme en quête de son identité, ce roman nous entraîne dans une aventure diabolique dont, comme son héroïne, le lecteur a du mal à se libérer. »

les-gens-heureux-lisent-et-boivent-du-cafe-514380En pleine lecture et séduite par ce style fluide et moderne, j’ai commandé sans attendre son best-seller Les Gens heureux lisent et boivent du café que j’ai commencé à lire dès sa réception une fois le premier terminé. Et là le même effet s’est produit même si j’avais un peu de mal au premier abord en lisant la quatrième couverture. Le thème me paraissait très triste et je craignais de ne pas prendre de plaisir étant dans une dynamique positive et très joyeuse à ce moment-là. Voici le résumé :

« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. […] J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »

On ne va pas se mentir, j’ai beaucoup pleuré mais pas forcément de tristesse. L’auteure ne fait pas du pathos gratuitement mais nous donne une vraie leçon de vie. Elle nous apprend que malgré les obstacles, les pires douleurs et les divers malheurs de l’existence, il est possible de continuer à vivre et de se reconstruire.

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Ma chance a été de lire ce livre au moment où sortait la suite La vie est facile ne t’en fais pas que j’ai lu dans la foulée. Je ne vous en dis pas plus sur l’intrigue au cas où vous souhaitiez le lire, je ne vais pas vous le spoiler! Je l’ai littéralement dévoré en quelques jours et me suis couchée – très – tard plusieurs nuits de suite mourant d’envie de connaître les prochains événements. Pour moi, c’est le signe que le job de l’auteure est réussi. J’aime ce sentiment addictif et être tenue en haleine par des mots, une histoire, des héros attachants dont j’imagine le physique et peux percevoir leurs émotions, leurs doutes, leurs joies… J’ai utilisé encore plus de mouchoirs à la lecture de ce roman car cela faisait échos à des événements de ma vie personnelle passée. Parfois la lecture a des pouvoirs magiques et amène à la catharsis grâce à laquelle le lecteur se libère d’émotions passées et l’oeuvre artistique sert alors de thérapie.

C’est pourquoi j’ai hésité dans un premier temps à vous proposer ces lectures car ce blog se voulant positif et joyeux, je ne voulais pas « plomber l’ambiance ». Mais à la réflexion, la lecture de ces trois romans est bénéfique car les expériences vécues par les personnages – aussi tragiques soient elles – nous prouvent que le goût de la vie l’emporte toujours et qu’il faut continuer à se battre et ne jamais abandonner.

Je vous recommande donc chaudement ces trois lectures en étant conscient que certaines pages sont tristes et parfois difficiles à lire sans avoir besoin de reprendre sa respiration ou de faire une pause. En tout cas c’est l’expérience que j’ai vécue. Cela prouve qu’Agnès Martin-Lugand maitrise l’art de nous émouvoir et de nous faire sentir bien vivants et surtout amoureux de la vie.

Quelques mots sur Agnès Martin-Lugand et sa biographie (source Wikipedia) :

Psychologue de formation, elle s’est tournée vers l’écriture et a publié un premier roman, Les gens heureux lisent et boivent du café, en auto-édition sur la plate-forme Kindle d’Amazon.com le 25 décembre 2012. Vite repérée par des blogueurs littéraires proches du milieu de l’auto-édition, elle a été abordée par Florian Lafani, responsable du développement numérique des Éditions Michel Lafon, avec une proposition d’entrer dans l’édition traditionnelle. Le roman une fois entré au catalogue de Michel Lafon, l’éditeur a assuré des traductions dans plusieurs langues européennes, notamment en espagnol, italien, néerlandais, polonais et turc. Un deuxième roman, Entre mes mains le bonheur se faufile, a été publié en juin 2014, et un troisième, La vie est facile, ne t’inquiète pas, le 23 avril 2015, toujours chez Michel Lafon.

Bonne lecture.

Amélie